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Date de création : 25.11.2008
Dernière mise à jour : 15.12.2015
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HIROSHIMA ET NAGASAKI

Publié le 06/08/2011 à 15:36 par mamatus Tags : bombe nagasaki hiroshima victimes radiatins capitulation
HIROSHIMA ET NAGASAKI

 

 HIROSHIMA ET NAGASAKI

 

 

 

     

 
Le 15 août 1945, le Japon capitule. Le 2 septembre à bord du Missouri dans la baie de Tokyo, le général Yoshijiro Umezu signe la capitulation face au général Douglas MacArthur.



LE COUT HUMAIN D'UNE PROLONGATION DES HOSTILITES

Les partisans du bombardement nucléaire affirmèrent qu'attendre la capitulation du Japon n'était pas une option sans conséquence.

Le juge philippin Delfin Jaranilla, membre du tribunal de Tokyo,chargé de juger certains criminels de guerre du régime sh?wa, écrivit en obiter dictum dans son jugement:

"Si un moyen se justifie par une fin, l'emploi de la bombe atomique était justifié car il mit le Japon à genoux et entraîna la fin de cette horrible guerre. Si la guerre avait duré plus longtemps, sans l'usage de la bombe atomique, combien de milliers et de miliers d'hommes, de femmes et d'enfants sans défense auraient souffert et trouvé la mort...?"


LA POUSUITE DU BOMBARDEMENT DES VILLES JAPONAISE

Plusieurs fois par semaine des vagues de B-29 chargés d'engins incendiaires attaquaient les agglomérations grandes ou moyennes de l'archipel. L'ampleur des dommages était largement comparable en ordre de grandeur aux attaques nucléaires. Si ces raids étaient sur le coup moins meurtriers, leurs effets à long terme étaient aussi terribles, privant des centaines de milliers de personnes d'abris, de vêtements et de ressources, ce qui en ces temps de disette pouvait être synonyme de mort.

L'attaque d'Hiroshima détruisit 12 km2, alors que celle de Nagasaki détruisit 6 km2.


 

                                      

HIROSHIMA ET NAGASAKI

   DES SURVIVANTS A NAGASAKI QUI NE LE RESTERONT PAS LONGTEMPS A CAUSE DES RADIATIONS        


LE BLOCUS DU JAPON

À l'été 1945, le blocus du Japon était presque complet. Les sous-marins et l'aviation américaine avaient le contrôle des eaux côtières. Complété par le minage à grande échelle (opération famine), les importations et le transport de marchandises entre les différentes îles de l'archipel s'interrompit presque complètement. La désorganisation de l'économie du pays devait devenir complète avec l'attaque par l'aviation des voies de communications intérieures (voies ferrées...), finissant par isoler les villes entre elles. Si cette opération permettait de réduire à néant la production industrielle nipponne, ses conséquences humaines n’étaient pas nulles. Le Japon étant importateur sur le plan alimentaire, la ration moyenne par tête était tombée de 2000 calories avant guerre à 1900 en 1944. Avant de chuter à 1650 à l'été 1945. Cette situation de malnutrition se serait sans doute aggravée avec le prolongement des hostilités. La famine et les maladies auraient alors été responsables d'un bilan encore plus lourd que celui des bombes atomiques.

L'INVASION DU JAPON

Les Américains prévoyaient à partir de la fin 1945 une invasion terrestre du Japon, l'opération Downfall. Sa durée et son coût humain dépendaient fortement de la résistance de l'armée impériale et de la population japonaise face à l'envahisseur. Elle devait s'articuler en deux parties :

L'opération Olympic : l'invasion de Ky?sh? en novembre 1945 par 767 000 soldats alliés (plus que le débarquement en Normandie, mené par 156 000 hommes !).
Si l'opération Olympic avait été insuffisante pour obtenir la reddition, il aurait fallu lancer l'Opération Coronet sur Honsh? et T?ky? en mars 1946 avec deux fois plus d'hommes qu'Olympic, impliquant un redéploiement massif des troupes combattantes américaines depuis l'Europe.


PERTES AMERICAINES

Le 18 juin 1945, lors d'une réunion avec le Président Truman, le Général Marshall, estima que les pertes (tués, blessés, disparus) des 30 premiers jours de l'invasion de Kyosho pourraient s'élever à 31 000. Mais l'amiral Leahy fit remarquer qu’elles pourraient aussi être proportionnelles à celle de la bataille d'Okinawa, rendant le bilan bien plus coûteux. En effet, à Okinawa, 180 000 américains affrontèrent pendant 3 mois 120 000 japonais : les pertes américaines s'élevèrent à 48 000 (presque le tiers de l'effectif engagé). Avec l'opération Olympic, 767 000 soldats américains auraient dû affronter peut être 600 000 soldats japonais. Et l'opération Coronet aurait été encore plus meurtrière : 1,4 millions d'américains auraient affronté de 2 à 3 millions de japonais jusqu'à peut être la fin 1946. Après la guerre, le président Truman parla de projection de pertes pour l'armée américaine de 0,5 à 1 million. Si l'origine de ces chiffres est inconnue, l'ordre de grandeur ne paraît pas invraisemblable comparé au bilan d'Okinawa.


PERTES JAPONAISES

Dans une autre perspective, il ne faut pas perdre de vue le coût humain d'une telle opération terrestre pour les Japonais. À Okinawa, les soldats de l'armée impériale s'étaient fait tuer presque jusqu'au dernier, et de nombreux civils étaient amenés à se suicider, généralement sous pression de l'armée qui organisait elle-même ces suicides collectifs. Et à cela se serait ajouté le bilan de une ou deux années supplémentaires de famine et de privation pour les populations.
 
                               

HIROSHIMA ET NAGASAKI

                       Hiroshima entiérement détruite                         


LES PRISONNIERS DE GUERRE


Outre les arguments invoqués précédemment, les Américains pensaient que la bombe atomique serait une solution pour forcer le Japon à libérer les centaines de milliers de prisonniers de guerre et civils enfermés dans les camps de concentration japonais disséminés un peu partout en Asie.


Le caporal Noel Havenborg, prisonnier de guerre américain à Luzon aux PhilippinesLa bombe serait également à même d'arrêter les atrocités japonaises en Chine et dans l'ensemble de la Sphère de coprospérité de la grande Asie orientale, ainsi que le travail forcé pour les ressortissants de divers pays asiatiques. Le sort des prisonniers de guerre devint particulièrement préoccupant lorsque le ministre de la guerre ordonna le 1er août 1944 d'exécuter les prisonniers alliés si le Japon venait à être envahi. Il est également probable que le Japon eut mené de telles actions punitives en cas de famine prolongée.

En réponse à l'argument des pertes civiles et des crimes de guerre provoqués par l'utilisation de l'arme atomique, les partisans des bombardements mirent en avant le non-respect total de la convention de Genève par le Japon, que ce soit sur le plan militaire ou civil :

travail forcé des civils (y compris les femmes et les enfants), dont 10 millions de civils chinois enrôlés dans le seul Mandchoukouo;
utilisation d'armes biologiques et d'armes chimiques contre la Chine, fabriquées par les unités de recherche de Shiro Ishii (dont notamment la peste à Changde, de l'aveu même d'accusés nippons au procès de Khabarovsk)
expérimentation des armes bactériologiques et chimiques par ces mêmes unités sur des milliers de cobayes humains
crimes contre les prisonniers de guerre et les populations civiles.
L'attaque surprise à Pearl Harbor restait profondément gravée dans les esprits et le Japon était considéré comme un ennemi fourbe qu'il ne fallait plus ménager. Le père John A. Siemes, professeur de philosophie à l'université catholique de T?ky? et témoin de l'explosion à Hiroshima écrivit :

« Nous avons discuté tous ensemble au sujet de l'éthique derrière l'utilisation de la bombe. Certains la classaient comme les gaz toxiques et étaient contre son utilisation sur des populations civiles. D'autres pensaient que dans la guerre totale menée par le Japon, il n'y avait pas de différence entre les soldats et les civils. La bombe en elle-même était une force efficace pour stopper l'effusion de sang, obliger le Japon à capituler et ainsi éviter la destruction totale. Il me semble logique que celui qui promeut la guerre totale ne peut pas, par principe, critiquer la guerre contre les populations civiles. »

Sur les treize prisonniers de guerre américains présents à Hiroshima le jour de l'explosion, seuls deux survécurent. Le gouvernement américain pouvait se permettre ces quelques pertes collatérales. Elles auraient été probablement supérieures si la menace d'une attaque atomique eut été proférée à l'encontre du Japon avant de procéder au bombardement.


LA THESE DE L'URSS

Les scientifiques qui travaillèrent sur le projet témoigneront plus tard des pressions exercées à un haut niveau pour terminer la bombe selon un calendrier bien précis. Ce dernier était étroitement lié aux agissements des Soviétiques et leur entrée en guerre prévue pour le 8 août. Certains historiens avancent ainsi la thèse de l'URSS qui prenait trop d'importance et qu'il fallait tenir à l'écart des territoires japonais.

Pour eux, c'est l'imminence de la déclaration de guerre de l'URSS au Japon prévue lors des accords de Yalta trois mois après la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 août 1945), qui est le facteur déterminant. En effet, si à Yalta en février 1945, les États-Unis avaient demandé l'aide de l'URSS pour les aider à finir une guerre coûteuse en vies humaines avec le Japon, six mois plus tard, avec leur nouvelle puissance nucléaire ils n'avaient plus besoin de composer avec cet allié encombrant pour terminer le conflit et en partager les profits (zones d'influence, bases militaires, etc.). Les États-Unis voulaient ainsi prouver à Staline qu'ils étaient présents aussi bien à Berlin qu'en Asie, et qu'ils s'opposaient au développement du communisme, du moins au Japon.

On peut ainsi considérer que ces bombardements atomiques étaient en quelque sorte le signe annonciateur de la guerre froide et une démonstration de force de la part des États-Unis à l'encontre de Staline. L'URSS s'impliquera par la suite dans divers conflits en Asie, en particulier la guerre d'Indochine, la guerre de Corée et la guerre du Viêt Nam. Le Japon évitera les effets de l'expansion de la domination soviétique dans la région grâce à cette tutelle américaine.


 
                                    

HIROSHIMA ET NAGASAKI

      une victime parmi les milliers à Nagasaki                      


AUTRE ARGUMENTS

Des critiques pensent qu’il existe d'autres arguments qui ont pesé dans la décision des bombardements.


L'ARMEE

Il existait peut être une tentation chez certains militaires américains de compléter les essais de la bombe par une utilisation opérationnelle.


L'OPINION PUBLIQUE

Les États-Unis étant une démocratie, les hommes politiques ne pouvaient ignorer l'opinion publique. Truman n'a pas été élu comme président, mais comme vice-président. C'est la mort de son prédécesseur, très populaire, qui lui avait permis d'accéder à ce poste en avril 1945. Dans cette situation, il pouvait être tenté de prendre une décision qui renforcerait rapidement sa popularité, surtout face à l'entourage de l'ancien président qui ne le tenait pas en estime.

Tous les moyens devaient être utilisés pour abréger le conflit et limiter le nombre de GI's tués (chaque décès correspondant à la perte d'un enfant pour un couple d'électeur). Pour l'historien spécialiste des États-Unis André Kaspi :
« Chacun jugera en son âme et conscience, si Truman a eu raison ou tort, s'il a fait tout ce qu'il fallait faire pour éviter le dernier massacre de la guerre. À condition de ne pas oublier que les Allemands et les Japonais eux-mêmes avaient déclenché le conflit, que des soldats alliés mouraient encore au début de l'été 1945 dans les îles du Pacifique et en Chine, que la découverte des charniers, des camps de concentration et des geôles japonaises de la jungle n'incitait pas à la pitié envers les vaincus. »

Il fallait laver l'affront de Pearl Harbour.
Il allait falloir justifier les deux milliards USD investis dans le projet Manhattan.
 
                                    

HIROSHIMA ET NAGASAKI


Un cénotaphe dans le parc de la paix de Hiroshima. Une inscription sans sujet dit : « Reste en paix, pour … ne répète pas à nouveau l'erreur ». Cette construction qui est naturelle dans la langue japonaise était destinée à rendre un hommage aux victimes sans politiser et entrer dans la controverse.





LES ARGUMENTS CONTRE CES BOMBARDEMENTS


De nombreuses voix se sont élevées contre l'utilisation militaire des bombes atomiques et se sont interrogées sur la nécessité des attaques sur Hiroshima et Nagasaki. Cette décision reste encore fortement critiquée que ce soit au Japon, aux États-Unis ou dans le reste du monde. L'arme atomique a toujours fait peur et dès la fin de la guerre, plusieurs thèses tendent à faire penser que ces bombes n'étaient pas nécessaires pour stopper le conflit.


LA BOMBE ATOMIQUE :UN CRIME DE GUERRE ?

ASPECTS MORAUX

Le projet Manhattan était à l'origine destiné à contrecarrer le programme nucléaire de l'Allemagne nazie. Suite à la défaite du IIIe Reich, plusieurs scientifiques qui travaillaient sur le projet eurent le sentiment que les États-Unis ne devaient pas être les premiers à utiliser de telles armes. Albert Einstein sera réticent face à la bombe et Leó Szilárd, qui était largement impliqué dans le développement de la bombe, dira après la guerre :

« Si les Allemands avaient largué des bombes atomiques à notre place, nous aurions qualifié de crimes de guerre les bombardements atomiques sur des villes, nous aurions condamné à mort les coupables allemands lors du procès de Nuremberg et les aurions pendus. »

L'utilisation du nucléaire à des fins militaires a été qualifiée de « barbare », puisque plusieurs centaines de milliers de civils avaient péri et que les cibles étaient dans des villes fortement peuplées. Durant les préparatifs des bombardements, des scientifiques, dont Edward Teller, firent remarquer qu'il serait préférable d'employer la bombe sur une zone inhabitée ou en plein ciel pendant la nuit, afin d'avertir les Japonais.

L'inhumanité du bombardement aérien de civils avait été fermement dénoncée par Roosevelt le 1er septembre 1939 lors d'un appel aux gouvernements européens(traduction libre) :

« Au cours des hostilités qui ont sévi dans différents endroits du monde ces dernières années, le bombardement aérien sans retenue de civils dans des centres de population non fortifiés a mutilé et tué des milliers de femmes et enfants sans défense, et a profondément choqué la conscience de l'humanité. S'il devait y avoir recours à cette barbarie inhumaine pendant la tragique période de confrontation, à laquelle le monde se trouve aujourd'hui confronté, des centaines de milliers d'êtres humains innocents, qui ne sont pas responsables du conflit et qui n'y participent ni de près ni de loin, perdraient maintenant la vie. J'adresse donc cet appel urgent à tous les gouvernements qui pourraient prendre part aux hostilités à affirmer publiquement sa détermination à ne pas engager ses forces armées dans le bombardement aérien de populations civiles ou de villes non fortifiées, dans aucun cas et dans aucune circonstance, pourvu que ces mêmes règles de guerre soient scrupuleusement respectées par leurs adversaires. Je demande une réponse immédiate. »
 
                                                

HIROSHIMA ET NAGASAKI

                                  LE CHAMPIGNON ATOMIQUE D'HIROSHIMA LE 6 AOUT 1945



ASPECTS LEGAUX

Depuis 1945 la légalité des bombardements stratégiques et de l'usage des armes nucléaires reste un point discuté du droit international.

Il a été avancé que l'utilisation d'armes atomiques à grande échelle contre les populations civiles était un crime de guerre, voire un crime contre l'humanité.

Lors des bombardements, les États-Unis étaient signataires des Conventions de la Haye de 1899 et 1907. La seconde interdit :
l'emploi de poison ou d'armes empoisonnées
l'attaque ou le bombardement, par tout moyen, de villes, villages, habitations et bâtiments non défendus (Art. 24)
Cependant, ces textes sont peut être insuffisants pour qualifier le crime de guerre : d’une part, Hiroshima et Nagasaki, deux centres militaires d'importance, ne peuvent pas être considérées non défendues. D'autre part, les effets des radiations restent secondaires par rapport aux effets incendiaires et mécaniques de ces armes qui ne pourraient donc être considérés comme empoisonnées (ces termes ont été entendus dans leur sens ordinaire comme couvrant des armes dont l'effet premier, ou même exclusif, est d'empoisonner ou d'asphyxier).

Avant la guerre, les États-Unis avaient tenté d'interdire le bombardement indiscriminé de civils dans une Convention de la Haye sur les coutumes de guerre, qu'ils avaient signée en 1923. Elle stipulait :
Le bombardement aérien visant à terroriser la population civile, à détruire ou endommager des biens de nature non militaire ou à blesser des non-combattants est interdit.
Le bombardement de cités, villes, villages, habitations et bâtiments hors des environs immédiats des opérations militaires terrestres est interdit. Dans les cas où les objectifs spécifiés au paragraphe 2 sont situés de sorte à ce qu'ils ne puissent pas être bombardés sans un bombardement indiscriminé de la population civile, l'avion doit s'abstenir de bombarder. (Art. 24-3)
Cependant, cette convention n'entra jamais en vigueur.

La quatrième convention de Genève interdit toute mesure de représailles visant les civils ou leurs biens.
Cependant, cette convention, signée en 1949, ne s'appliquait pas à l'époque des faits (Il est à noter toutefois que l'argument de non-rétroactivité du droit n'a pas empêché les Alliés de condamner des dignitaires allemands pour crime contre l'humanité lors des procès de Nuremberg, bien que la notion fût définie a posteriori).
La présence de casernes et d'usines participants à l'effort de guerre pourrait faire considérer ces deux villes comme des objectifs militaires légitime (ces bombardements ne visant alors pas les civils).
                                            

HIROSHIMA ET NAGASAKI


               UNE DES BOMBES ATOMIQUES QUI A DETRUIT HIROSHIMA ET NAGASAKI



UNE ABSENCE DE JUSTIFICATION MILITAIRE

Les avis divergent quant à la capacité du Japon à résister aux attaques. Pour les opposants à l'atomisation, le Japon était déjà profondément affaibli dès le début de 1945 et la capitulation inéluctable. Le général Dwight D. Eisenhower était de cet avis et en informa Henry Stimson en juillet 1945. L'officier le plus haut gradé dans le théâtre des opérations en Pacifique était le général Douglas MacArthur. Il ne fut pas consulté au sujet des bombardements mais dira après coup qu'il n'y avait pas de justification militaire pour cette attaque. La même opinion sera donnée par l'amiral William Leahy, le général Carl Spaatz (commandant de l'US Air Force dans le Pacifique) et le général de brigade Carter Clarke (officier des renseignements). Le major général Curtis LeMay, l'amiral Ernest King (chef des opérations navales), l'amiral Chester Nimitz (commandant en chef de la marine dans le Pacifique) émettront également des doutes au sujet des bombardements atomiques.

Eisenhower écrira dans son mémoire The White House Years :

« En 1945, le secrétaire de la guerre Stimson, alors en visite dans mon quartier général en Allemagne, m'informa que notre gouvernement était en train de préparer le largage d'une bombe atomique sur le Japon. J'étais de ceux qui avaient le sentiment qu'il devait y avoir un certain nombre de raisons valables pour mettre en doute la sagesse d'un tel acte. Durant son exposition des faits importants, je fus empli d'un sentiment de tristesse et fis part de mon profond désaccord, tout d'abord sur la base de ma conviction que le Japon était déjà battu et que le bombardement était complètement inutile, ensuite parce que je pensais que notre pays ne devait pas choquer l'opinion mondiale par l'utilisation d'une bombe que je ne pensais pas nécessaire pour sauver la vie des Américains »

Plus loin, il ajoute :


« MacArthur pensait que le bombardement était complètement inutile d'un point de vue militaire »

Une étude, le United States Strategic Bombing Survey, organisée par l'armée américaine après la capitulation, consista à interroger des centaines de dirigeants militaires et civils japonais au sujet des bombardements, il en ressort que :

« D'après une étude poussée de tous les faits et avec l'appui des témoignages de dirigeants japonais encore en vie, le groupe d'étude est de l'avis que le Japon aurait certainement capitulé avant le 31 décembre 1945 et peut-être même avant le 1er novembre 1945. Et cela même si les bombes n'avaient pas été larguées, même si l'URSS n'était pas entrée en guerre, et même si aucune invasion n'avait été planifiée et envisagée. »


LE CLIVAGE ENTRE LE POUVOIR CIVIL LES MILITAIRES JAPONNAIS

D'autres affirment que le Japon avait essayé de se rendre pendant au moins deux mois, mais les États-Unis refusèrent en insistant pour que la reddition se fasse sans conditions. En fait, alors que plusieurs diplomates favorisaient la capitulation, les chefs militaires japonais préparaient l'armée à livrer une bataille décisive. Les diplomates pensaient qu'ils pourraient mieux négocier les clauses de l'armistice de cette façon. Les Américains connaissaient parfaitement les plans japonais, le chiffrement utilisé par l'armée nippone, le code 97 (ou code Purple) avait été percé par les cryptanalystes.

Cependant, même après l'attaque sur Nagasaki, le Conseil suprême était toujours divisé, Korechika Anami, Yoshijiro Umezu et Soemu Toyoda désirant que soit fait par les autorités japonaises le désarmement des troupes et le jugement des criminels, et insistant sur l'absence de forces d'occupation en sol japonais et la préservation du régime impérial et de l'Empereur. Seule l'intervention directe de l'empereur Showa qui se rallia aux partisans de la dernière demande comme seule condition, mit un terme aux dissensions, sans éviter toutefois une tentative de coup d'État qui fut rapidement contrée.


Une autre critique à l'égard des bombardements concerne la rapidité avec laquelle les États-Unis ont estimé les effets de l'entrée en guerre de l'Union soviétique contre le Japon. Sans recul sur la situation générale, la décision de bombarder aurait été prise de manière hâtive. Les Américains savaient, contrairement aux Japonais, que l'URSS entrerait en guerre trois mois après la victoire en Europe. Comme l'URSS ne pouvait plus jouer le rôle de médiateur dans le conflit et que le monde entrait progressivement dans la guerre froide, il devenait évident pour certains Japonais que le meilleur moyen de conserver l'empereur sur le trône était d'accepter les conditions posées par la partie adverse.

L'invasion de l'archipel n'étant pas imminente, les États-Unis n'avaient rien à perdre à attendre quelques jours pour voir comment la situation évoluerait. La décision de capituler était antérieure aux attaques successives menées par l'URSS en Mandchourie, l'île de Sakhaline et les îles Kuril. Hokkaido aurait sûrement été envahie par l'URSS avant que les Alliés n'atteignent Kyosho. Selon cette thèse, le but de la manœuvre était donc de faire comprendre aux Soviétiques de rester à l'écart.

D'autres sources japonaises indiquent que les bombardements atomiques n'étaient pas la principale cause de la capitulation. La véritable raison avait sa source dans les victoires massives des Soviétiques tout autour du Japon. Les Japonais craignaient plus une occupation soviétique que la présence des Américains sur l'île. Il est clair que les deux parties adverses avaient pesé de tout leur poids dans la décision mais les Japonais étaient persuadés que Staline remplacerait la monarchie par le communisme, chose inconcevable pour eux.
 
                                    

HIROSHIMA ET NAGASAKI


 La jeune Sadako Sasaki, morte d'un cancer dix ans après Hiroshima, devint le symbole de la lutte contre le nucléaire. Un monument a été érigé en son honneur avec des grues en papier, symbole de paix que la petite fille aimait confectionner.



AUTRE CRITIQUES

D'autres pensent encore que des efforts supplémentaires auraient dû être consentis pour réduire le nombre de victimes. Outre ces considérations sur les pertes humaines, le but principal de l'attaque était d'avoir un effet de surprise optimal. La décision des stratèges américains était claire : il ne fallait pas donner d'avertissement avant le largage.

Après le bombardement sur Hiroshima, Truman annonça que « s'ils n'acceptent pas nos conditions maintenant, ils peuvent s'attendre à une pluie de ruines qui tombent du ciel ». Le 8 août 1945, des tracts furent largués au-dessus du Japon et des avertissements transmis via Radio Saipan. La zone proche de Nagasaki ne reçut pas de tracts avant le 10 août, soit un jour après l'explosion. La propagande avec des informations imprimées sur de petits morceaux de papier avait pourtant été lancée durant les semaines qui précédaient l'attaque nucléaire.

Un autre sujet de discorde concerne le laps de temps entre la destruction de Hiroshima et celle de Nagasaki. Certaines personnes avancent que les arguments favorables à l'utilisation de la bombe ne s'appliquaient pas à Nagasaki. Dans sa nouvelle semi-autobiographique Timequake, Kurt Vonnegut écrit que si la bombe a sauvé la vie de ses camarades de l'US Air Force, Nagasaki a montré à quel point les États-Unis étaient capables d'une cruauté sans compassion.


DE 1945 A NOS JOURS

Hiroshima est désormais une commémoration annuelle pour les japonais. Toutefois, les survivants des Bombardements atomiques de Hiroshima et de Nagasaki ont été longtemps maltraités par la société japonaise car ils portaient en eux la défaite du Japon. Par ailleurs, les photos des victimes des deux bombardements ont été trafiquées voire détruites par les gouvernements japonais mais aussi par les américains. Les débats sur l'utilité ou non des bombes de Hiroshima et Nagasaki reviennent souvent publiquement en étant un sujet particulièrement sensible. D'autant plus que le pacifisme constitutionnel du pays est remis en question.  

Commentaires (5)

soaz le 11/04/2010
Bonjour Mumu, comment vas tu ? Moi j'ai du monde à la maison pour le week-end donc un peu de mal a aller sur le pc, je passe ce matin ou tout le monde dors encore, pour te souhaiter un bon dimanche
Gros bisous ma douce Mumu
http://soaz.centerblog.net


MiChi-Yo le 23/05/2011
Je ne m'étais encore jamais intéressée à ces évènements tragiques qui ont eu lieux au Japon. C'est un lisant le manga Global Garden, qui en fait allusion, que cela m'a poussé à faire des recherches dessus. Et je suis tout simplement horrifié parce que j'en ai appris. Quand je lis les articles, documents ou témoignages, cela me mets dans une colère affreuse et me donne envie de pleurer. J'en veux énormément aux Américains d'avoir commis de tels actes. N'avaient-ils donc aucun sentiments humains ? Détruire des villes et des vies ne leur posaient donc aucun problème ? Non vraiment je ne comprends pas leurs actes. Même si c'était en période de guerre, comment peut-on faire de telles choses ?


En tout cas, merci pour cet article très bien rédigé et qui m'a permis d'apprendre beaucoup de chose ^^


http://michi-yo.over-blog.com/


vanilie le 06/08/2011
Bonsoir ma Mumu
superbe article ... il ne faut surtout pas oublier ... et ne pas recommencer !!
ici il pleut et il pleut .. pfffff génial le week-end
bonne soirée a toi
bisousss, Patou
http://vanilie.centerblog.net


LOLITA le 07/08/2011
bonjour mumu
je suis de retour partie tot se matin je suis allez a saint ouen l aumone faire le marcher 150e de dépense lol j avais mes 3 garcon avec moi alors il son comme maman il adore les fringue donc sa va vite brouuuuu
passe un bon dimanche reste chez toi sa te coutera moins cher mdr
bisous lolita
http://dansmesreves.centerblog.net


yvelinesylvain le 08/08/2011
Coucou Mumu!! les guerres sont toujours horribles mais celle ci fut particulièrement cruelle!!! les pauvres gens ont endurés tellement de souffrances ! c'est une honte et ce n'est pas digne d'etres humains !!!!
Passes une bonne soirée en espèrant que tes ennuis vont s'arranger !!!! Pour l'instant chez moi ça va!!!!!
Gros bisous à toi.
http://yvelinesylvain.centerblog.net


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